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 noah ϟ rebel my new last name, wild blood in my veins

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coeur gangster
☽ inscription : 10/10/2017
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MessageSujet: noah ϟ rebel my new last name, wild blood in my veins  Lun 13 Nov - 11:40

Sawyer Noah Evans
i feel no pain, vengeance on my mind, all night, all day
Identity card
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nom ○  Evans. Le nom de mon père, inconnu au bataillon. Allez savoir pourquoi je porte son nom. Peut-être pour accentuer le fossé entre ma mère et moi. Pour ajouter une énième ressemblance sur la liste de ce que je partage avec lui. Ou peut-être les deux.
prénom(s) ○ Sawyer. Prénom choisi par ma mère. Depuis mes quinze ans, je refuse catégoriquement qu'on m'appelle comme ça. Je refuse en bloc tout ce qui peut venir d'elle. Noah. Choix de ma grand-mère cette fois-ci. A ce qu'il paraît, ça veut dire "apaisé" ou quelque chose du genre. Elle s'est bien plantée.
âge ○  Déjà vingt-quatre ans que j'suis venu au monde. Vingt-quatre ans que j'ai réussi à rester en vie. Bien joué Noah.
date et lieu de naissance ○ Onslow en Australie Occidentale : c'est la terre rouge qui côtoie le ciel bleu et l’océan émeraude qui m'a vue naître. 14 Février. Ou quand le jour de ta naissance est une grosse blague. La fête des amoureux, hein ? Tss, la fête de la connerie ouais.
nationalité ○ Australien de naissance, j'ai en plus récupéré la nationalité américaine en arrivant sur le territoire.
origines ○ Le fascinant magnétisme de la Grèce coule dans mes veines, se mêle au charismatique et insolent rêve américain, bouillonne d'accents siciliens.
situation financière ○ Modeste avec des extras de temps en temps. Je baigne dans des trucs pas toujours très clean, et ça a ses avantages.
quartier d'habitation ○ Montgomery South Side. Hors de question de vivre entouré du poison Capwell.
état civil ○ Célibâtard, le palpitant inaccessible et sauvage. Indomptable.
orientation sexuelle ○ C'est devant les yeux de biche et les parfums sucrés que mes pupilles se dilatent.
occupation ○ Flirter avec l'illégalité. Le goût du risque, la rébellion dans le sang.
avatar ○ Stephen James

beneath the skin


caractère ○ Déconneur ϟ Arrogant ϟ Attentif ϟ Impulsif ϟ Drôle ϟ Distant ϟ Indomptable  ϟ Perfectionniste ϟ Charmeur ϟ Grossier ϟ Provocateur ϟ Franc ϟ Insolent  ϟ Téméraire ϟ Rancunier ϟ Désinvolte ϟ Loyal ϟ Rebelle ϟ Dominateur ϟ Déterminé ϟ Froid ϟ Secret ϟ Protecteur ϟ Sarcastique ϟ Très sûr de lui  ϟ Ardent ϟ Indépendant ϟ Borné ϟ Parfois bordélique

anecdotes ○ 01 ☽ J'ai subis les maltraitances de celle qui m'a donné la vie depuis mes premiers mois d'existence. Elle ne supportait pas mes pleurs, alors elle me secouait, en espérant que ça me calme. Quand j'ai grandi, le niveau a considérablement augmenté. Ma mère est en prison depuis que j'ai douze ans. Soit douze ans d'incarcération cette année. Joyeux anniversaire, maman. 02 ☽ Mon père, cette ombre floue dont j'ignore tout. Le nom Evans que je partage avec un parfait inconnu, mais pas avec ma mère. Une ressemblance de plus sur une liste sans visage. Une différence de plus avec elle. Elle qui m'a raconté qu'il était parti parce que j'étais une erreur. Vérité ou mensonge dopé à la rancune, une énigme avec laquelle j'ai peiné à me construire. 03 ☽ J'ai été placé en foyer quand ma mère s'est fait arrêter pour le calvaire qu'elle me faisait vivre. Ca a été une période très difficile. Dès mes quinze ans, j'ai commencé à me rebeller, à ne plus tolérer aucune autorité. Baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, je suis devenu incontrôlable. 04 ☽ La bouteille que j'affectionne parfois un peu trop. Tenter de noyer mes tourments, de les faire couler. Parce que je me sens mieux quand ma vue est aussi trouble que mon passé. 05 ☽ Les volutes de tabac qui m'écoeurent, jamais mes lèvres ne les ont ne serait-ce qu'effleurées. Et les drogues que je deale ne voyagent que de ma poche aux mains avides de retrouver leur dose. 06 ☽ Les violences de ma mère m'ont poussé à me méfier des femmes. A me protéger de ces sirènes malsaines qui ne veulent que notre chute. Alors je consomme leurs corps. Je consomme à en perdre la tête, sans attache, sans sentiment. Mon désir comme seule ligne conductrice. 07 ☽ Prisonnier d'un syndrome de stress post-traumatique, conséquence des violences que j'ai subis pendant mon enfance. Les cauchemars qui hantent mes nuits, qui me replongent dans le passé. Les baignoires qui me terrifient, que j'évite avec le plus grand soin. 08 ☽ C'est l'année de mes seize ans que mon corps a commencé à devenir la toile de ma vie. L'encre qui dessine aux yeux de tous les mystérieuses lignes de mon histoire. Une sorte de thérapie, d'acte de rébellion aussi. Parce que même si elle est derrière les barreaux, provoquer ma mère m'apporte une satisfaction sans limite. 09 ☽ Amoureux de littérature, de poésie tout particulièrement. C'est un secret que je garde soigneusement verrouillé dans ma bulle, là où personne n'est autorisé à entrer. Quand j'étais gosse, les livres ont été la bouée de sauvetage qui m'a sauvé du naufrage. 10 ☽ Je parle avec un accent chantant différent de ce qu'on entend ici, récupéré dès mon plus jeune âge à cause de ma mère qui me l'a gentiment transmis lorsque j'ai appris à parler.
where i belong


groupe choisi ○ Black Swans
pourquoi ce groupe ? ○ Ce sont d'abord les Black Swans qui m'ont choisi. A mon arrivée à North Rock Springs, ils m'ont repéré chez Greta, le diner du Montgomery Side. Ca a tout de suite collé entre nous. J'aimais leur état d'esprit, la loyauté qui les unit. On partage le même goût de l'illégalité. On a la même rébellion qui court dans nos veines. Mais j'ai dû me faire ma place parmi eux. Leur prouver ce que je valais. J'ai passé leur rituel d'intégration haut la main. Aujourd'hui, je suis fier d'être un Black Swan. Ca fait partie de mon identité. C'est ma nouvelle famille.
behind the screen

pseudo ○ ECLIPSE
âge ○ vingt-six étés.
double-compte ○ pas encore.
présence sur le forum ○ je rôde par ci par là
comment as-tu connu violent delights ? ○ par le fondateur qui est génial
un petit mot ○ jvouzaime
rang ○ coeur gangster
code du règlement ○

 
(c) Never Utopia
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coeur gangster
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MessageSujet: Re: noah ϟ rebel my new last name, wild blood in my veins  Lun 13 Nov - 11:41

Storyline


Le petit garçon au regard triste. Voilà ce que j’étais pour tout le monde, quand j’étais petit. Quand les autres gosses jouaient dans la cour de récréation, je restais dans mon coin sagement. Je savais que si je me faisais mal, si j’abîmais mes vêtements ou mes affaires, j’allais en prendre plein la tête une fois rentré à la maison. Ma mère a toujours trouvé n’importe quel prétexte pour se défouler sur moi. Elle ne me supporte pas. Elle aurait préféré que je ne vienne jamais au monde.

Elle s'est lâchement enfuie d'Australie deux mois après ma naissance. Elle était en conflit perpétuel avec ses parents, alors elle s'est tirée. Et pour faire les choses bien, elle a carrément changé de continent, pour mettre un maximum de distance entre eux et elle. Direction les Etats-Unis, Détroit plus précisément. Elle avait une tante là-bas, qui l'a beaucoup aidée parce qu'elle était pas foutue de se débrouiller toute seule. Elle aurait mieux fait de m'abandonner à la naissance. Parce que même si elle m'a dit que mon père l’a laissée tomber à l’annonce de la grossesse, elle avait espéré que je lui ressemblerais à elle. Elle avait espéré une petite fille. Loupé. Alors elle m’en veut, elle a perdu son grand amour par ma faute. En plus de ça, je suis le portrait craché de celui qu’elle déteste désormais. Et pour couronner le tout, je suis né le jour de la saint Valentin. Difficile de faire mieux pour être détesté.

✼✼✼

- Tu comprends vraiment rien, t’es comme ton père, j’en ai marre de toi ! Je te supporte plus !

J’ai trois ans. Recroquevillé dans un coin de ma chambre, les bras comme bouclier pour tenter d’amortir les mains de ma mère. Il est 16h. Je jouais au ballon dehors, mais j’ai trébuché et je suis tombé, m’écorchant le genou au passage. Ce jour-là, j’ai compris que ma mère n’était pas comme les autres. Elle n’était pas de celles qui font un bisou magique quand on se blesse, ni de celles qui ont des bras réconfortants. La mienne ne séchait pas mes larmes. Et je finirai par me faufiler en silence dans la salle de bains pour me débrouiller tout seul.


✼✼✼

J’ai toujours été différent, et dans ma volonté de me faire le plus discret possible, je me faisais, au contraire, bien plus remarquer que n’importe qui. Parce qu’un enfant, ça crie, ça joue, ça remue. Ca a les yeux qui pétillent, un sourire extra-large. Mes sourires à moi se faisaient rares et se résumaient à deux petites fossettes sur les joues. Quant à mes prunelles délavées, elles étaient constamment éteintes.

Je me suis rapidement découvert une passion pour les livres, qui sont devenu un véritable refuge. C’est dingue comme des mots couchés sur du papier peuvent faire voyager. Mais ça non plus ça plaisait pas à ma mère, elle disait que c’était une perte de temps. Sauf quand elle parlait de moi aux autres. J’étais subitement son trophée qu’elle exposait, parce qu’un garçon qui lit, c’est rare, parce que j’évitais les bagarres, parce que j’étais calme, obéissant, intelligent. Le tissu habituel de mensonges qu’elle servait aux gens. C’était sa couverture, l’illusion qu’elle avait habilement construite pour faire croire à la maman aimante en adoration devant son fils unique. Quand elle m’adressait la parole à moi, le discours était radicalement différent : j’étais un poids qu’elle devait se traîner. J’avais gâché sa vie, et je l’empêchais d’avancer.

✼✼✼

- Dis maman, aujourd’hui à l’école on a parlé du travail des papas. Pourquoi j’en ai pas moi ?
- Parce que c’est la vie Sawyer. Y’a des gens qui ont des papas et d’autres non. Toi, t’en as pas.
- Oui mais pourquoi ?
- Tu m’agaces avec tes questions.

Le regard qu’elle pose sur moi me fait taire immédiatement. Cinq ans déjà.


✼✼✼

Si au début, les coups qu’elle me portait étaient « classiques », elle a vite débordé d’inventivité. M’enfermer dans le placard de la buanderie. M’attacher sur une chaise. Et pendant ce temps-là, elle partait faire les courses, ou boire un café chez une amie. Elle me lançait des objets, et j’ai vite compris qu’il valait mieux éviter de les esquiver, sinon ils devenaient de plus en plus gros. Et puis ça la calmait plus vite si je me laissais faire. Mais son jeu préféré, c’était de la pure torture. Le rituel était toujours le même : remplir la baignoire d’eau glacée, et m’y plonger dedans tout habillé. Elle m’attachait les poignets et les chevilles au robinet, elle déversait son hystérie sur moi, et elle s’en allait. Le silence retombait. Et je restais là, à trembler de froid pendant plusieurs heures. Quand elle jugeait que j’en avais eu assez, ou que sa colère était retombée, elle revenait me chercher, comme si c’était parfaitement normal. Le pire, c’est que pour moi, c’était effectivement devenu normal. Et si aujourd’hui, mes tatouages recouvrent les cicatrices blanchâtres sur mes poignets, à mes yeux, elles sont toujours aussi visibles qu’à l’époque.

✼✼✼

- Votre fils a une fracture du poignet. Vous êtes sûre qu’il est tombé dans les escaliers ? Il n’a pas d’autres blessures pourtant.
- Evidemment que je suis sûre ! Qu’est-ce que vous insinuez ? Non mais franchement !

La voix de ma mère, sèche et froide, résonne dans la pièce stérile pendant que l’infirmière s’active. Assis sur le lit aux draps parfaitement blancs, je baisse la tête et fixe mes pieds qui ne touchent pas le sol. Ce matin, je suis ressorti des urgences plâtré. Elle m’a tordu le poignet tellement fort qu’elle a fini par le briser. C’était le prix à payer pour avoir cassé un verre qui m’a glissé des mains. En sortant du bâtiment, son ton est menaçant.

- Si jamais j’ai des problèmes à cause de toi, tu vas le payer cher, Sawyer, je te préviens.

Elle me jette dans la voiture, et avant de fermer la porte, sa main vient se heurter à ma joue. Le choc ne me surprend plus. La douleur paraît moindre aussi. Je commence à m’habituer. Néanmoins, je mords l’intérieur de mes joues pour empêcher les larmes de couler. Parce que sinon, je sais que ça sera pire qu’une simple gifle. J’ai sept ans.


✼✼✼

On n’a pas toujours été que tous les deux, ma mère et moi. Elle fréquentait des hommes bien sûr, que je ne faisais que croiser. Mais sa famille venait parfois nous rendre visite, ou bien on allait chez eux en Australie, pour les vacances, Noël, ce genre de choses. Ces périodes étaient mes préférées, parce que je pouvais souffler un peu. C’était aussi dans ces moments-là que j’étais le plus triste. Ma mère se tenait à peu près tranquille, il ne fallait pas qu’on remarque ses accès de colère. Mais je savais que c’était de courte durée, et ça me rappelait un peu trop que c’était ça, la vraie vie qu’on devait avoir. Pas le supplice que j’endurais.

✼✼✼

Je me sens courageux aujourd’hui, et maman a l’air de bonne humeur. Je peux peut-être lui demander une nouvelle fois pour papa.

- Maman, je crois que je suis assez grand pour savoir maintenant. Tu sais, pourquoi j’ai pas de papa comme les autres.

Instinctivement, je me contracte et je ferme les yeux. Je l’entends soupirer.

- Je sais pas qui c’est, ton père.

Sa réponse me perturbe, mais je ne suis pas si bête. J’ai parlé avec les copains à l’école, je sais qu’elle me ment. Elle sait forcément qui il est.

- Mais pourtant, c’est son nom que je porte, non ? Evans. Tu t’appelles pas comme ça toi, c’est Stewart.

Mon audace va loin aujourd’hui. Peut-être un peu trop. Mais c’est le risque à prendre. Je veux savoir. Elle me fixe, et je sens qu’elle a compris. J’ai grandi sans qu’elle le voie. A ses yeux, je suis toujours le petit garçon sans défense sur qui elle se défoule quand elle est en colère. Pourtant, le temps a passé. Et elle vient de s’en rendre compte. Je n’étais cependant pas préparé à la claque qu’elle m’inflige quand elle reprend la parole.

- Je suis tombée enceinte à dix-sept ans, c’est jeune. Ton père voulait pas de toi. T’es rien pour lui, il veut rien savoir de toi, alors tu devrais en faire autant de ton côté. Ca vaut mieux pour tout le monde Sawyer.

J’ai dix ans.


✼✼✼

Un jour après l’autre, je survivais à mon quotidien empreint de brutalité. Sans jamais essayer de m’échapper, sans jamais tenter quoi que ce soit pour me rebeller. J’étais trop petit pour comprendre. J’étais loin d’imaginer que ça allait impacter ma vie entière. Que les actes de ma mère allaient me braquer contre toutes les femmes qui croiseraient ma route. Que mon coeur allait se barricader, se verrouiller avec une telle force, qu’il n’allait jamais connaître l’amour. Jamais.  Le palpitant meurtri par une mère qui m’a détesté dès mon premier souffle.

✼✼✼

Douze ans. J’ai ramené une mauvaise note aujourd’hui. Je sais qu’elle ne me le pardonnera pas. Je l’attends en bas des escaliers avec une petite pointe d’appréhension au creux du ventre. Son humeur quand elle passera la porte est déterminante pour la suite de la soirée. J’entends le moteur de la voiture ronronner, ses pas dans l’allée. Mon petit cœur dans ma poitrine tambourine. La porte s’ouvre à la volée. Oh-oh.

- J’en ai plus que marre de ce boulot de merde !

La feuille de papier se froisse légèrement entre mes mains alors que mon pied se pose sur la marche derrière moi. Simple réflexe, je sais déjà que je ne peux pas lui échapper. Son regard fou se pose sur moi, je prends mon courage à deux mains.

- Bonjour, maman.
- Qu’est-ce tu fous là toi ? T’as pas des devoirs à faire ?
- Euh si. Je dois te faire signer ça.

Elle s’approche et m’arrache le papier des mains, je retiens mon souffle. Quand ses yeux croisent à nouveau les miens, mon corps frémit. Je vais me faire tuer. Et je ne suis pas certain que ce soit juste une expression. J’ai complètement raté le contrôle de maths. J’avais travaillé pourtant, mais je ne suis pas doué dans ce domaine. Une de mes mains se pose au ralenti sur la rampe. Sa voix tremble, et son visage est déjà déformé par la colère. J’ai tellement l’habitude que ce soit son expression perpétuelle, je me rends compte à cet instant que je ne l’ai jamais trouvée belle.

- C’est quoi ça, Sawyer ?

Elle agite la feuille devant mes yeux. Je soutiens son regard.

- J’ai loupé le contrôle de maths. J’avais révisé, j’te promets, mais j’vais travailler encore plus pour rattraper ça.

Je parle calmement, pas effrayé, un peu nerveux. Avant, je la suppliais d’arrêter quand elle me frappait. J’avais peur, j’étais désespéré. Mais j’ai remarqué que ça n’avait pour effet que d’augmenter les coups qui pleuvaient sur moi. Depuis, je ne dis plus rien. Depuis, je n’ai plus peur. Je subis, ça tombe, puis ça s’arrête. Je soigne mes plaies. Je retourne dans ma chambre. Je me fais oublier. C’est ça mon quotidien. Soudain, ses mains m’agrippent et me secouent brutalement.


✼✼✼

Elle a beau être une femme, elle a de la poigne, et je n’ai jamais osé tenter de retourner sa force contre elle. Ce soir-là, ma mère est rentrée du travail particulièrement en colère. Ce soir-là, elle m’a frappé tellement fort que tout mon corps était meurtri. Le sang ne s’arrêtait plus de couler. Et quand elle a glissé sur la petite flaque qui s’était formée au sol, j’ai saisi ce que je pourrais appeler la chance de ma vie. Je me suis dérobé à son emprise, j’étais déjà à bout de souffle, mais j’ai couru. J’ai ouvert la porte, traversé la rue, et tambouriné de toutes mes forces  chez les voisins, alors que derrière moi s’élevaient les cris assourdissants de ma mère qui hurlait mon prénom en boucle. C’est en partie pour ça que je ne supporte plus qu’on m’appelle Sawyer.

A peine la porte face à moi s’est ouverte que je me suis engouffré à l’intérieur, ma mère à ma poursuite. Les évènements qui ont suivis se sont déroulés si rapidement que c’est à la fois trouble et parfaitement clair dans ma mémoire. La stupeur du voisin, les pleurs de sa femme, les regards inquiets de leurs enfants. Les supplications de ma mère. Les sirènes des policiers. J'ignore encore pourquoi elle est restée, au lieu de s’enfuir. Peut-être qu’elle se rendait compte qu’elle ne reverrait plus jamais son défouloir préféré.

- Sawyer, je suis tellement désolée ! Oh mon Dieu, j'voulais pas ! Je suis désolée !

Elle, à genoux, effondrée au sol. Moi, debout, la tête haute. Ses excuses ne me touchent pas. Je ne ressens strictement rien, si ce n’est la douleur qui pulse dans mon corps. La roue tourne, maman. Tu n’arrêtais pas de me le dire. Pour une fois, tu avais raison. Mes yeux clairs se heurtent à celle qui m’a à la fois donné la vie et failli me l’enlever. Elle est mon opposée. Et l’espace d’un instant, même si j’en voulais à mon père de m’avoir abandonné, j’étais heureux de lui ressembler à lui, et pas à elle. Parce que pendant toutes ces années, elle m’a fait croire que j’étais un monstre, un moins que rien. Alors qu’en fait, c’était elle le monstre. Le poison qui polluait mon existence. Quand j’ai croisé son regard pour la dernière fois ce fameux soir, j’ai enfin compris.

Ma mère n’a jamais aimé les tatouages, les piercings ou tout ce qui sortait de l’ordinaire. Pour elle, il fallait rentrer dans le moule, se fondre dans la masse. Ce que j’ai fait durant un peu plus de douze ans. Les habitudes ont la vie dure. Suite à son arrestation, j’ai été placé dans un foyer. J’ai continué à me faire discret. Après tout, c’était comme ça que j’étais. Le gentil garçon perdu dans ses bouquins. Témoigner au procès a été une étape difficile. J’ai dû tout raconter dans les moindres détails, et je craignais le regard des gens. Ceux de la salle, bien sûr, mais aussi à l’extérieur. Parce que désormais, dans le quartier, j’étais Sawyer Evans le pauvre gosse maltraité. Mais ça m’a libéré. On m’a forcé à voir une psychologue. J’ai refusé. Pour la première fois de ma vie, je ne voulais pas me plier à ce qu’on m’imposait. Parce que c’était une femme. Et je me suis senti fort, de dire enfin « non ». On m’a présenté un homme, et j’ai accepté. Les séances étaient plus douloureuses que je l’aurais cru. Mais salvatrices. Petit à petit, je me suis défait du conditionnement dans lequel j’ai évolué. Je n’avais plus peur d’avoir mes propres idées, mes propres avis. J’ai grandi. Mais je n’ai pas oublié. J’ai commencé à développer des troubles du sommeil quelques mois après. Je me réveillais en hurlant, en sueur, après m’être débattu avec les draps. Je me suis également découvert une peur panique des baignoires. On m’a diagnostiqué un syndrome de stress post-traumatique. Les séances avec le psy n’ont rien changé. Douze ans après, j’en souffre toujours. T'es une sacrée garce, maman.

Mais aujourd’hui, Sawyer n’existe plus. Ce petit garçon effrayé, martyrisé par sa mère, ce n’est plus moi. Désormais, je suis Noah Evans. De l'encre sous l'épiderme, des piercings en acier sur le visage. Arrogant. Et excessivement sûr de lui. Mes sourires sincères sont encore plus rares que dans mon enfance. Je suis un vrai connard, c'est vrai. Mais j’aime ça. C’est ma revanche sur la vie que j’ai eu. Dès mes quinze ans, la transformation a commencé. Je supportais de moins en moins qu’on m’impose des choses. On m’a placé en famille d’accueil, en espérant que le cadre et l’ambiance chaleureuse étaient ce qui me manquait. Mais le mal était fait. On ne peut pas combler le manque de quelque chose qu’on n’a jamais connu. Ca n’a fait que raviver ma colère et ma haine envers ma mère. J’ai enchaîné les écarts de conduite, du simple manque de respect au deal de substances illicites. J’ai ramassé une petite fortune toutes ces années, malgré mes nombreuses arrestations. J’ai commencé à me faire tatouer et percer à seize ans. Une façon de plus de montrer ma différence, d’appuyer ma rébellion. Aucune famille ne me convenait, et pourtant, elles étaient toutes parfaites. Parents amoureux, enfants bien élevés, belle baraque, tout ça. Trop parfaites. A mes dix-huit ans, j’ai réussi à obtenir une bourse pour l’université de Détroit. J’y ai directement intégré une chambre. Adieu le foyer et les familles stéréotypées, même si j’ai été suivi par un tuteur jusqu’à mes vingt-et-un ans. Avoir la majorité a été une libération. Avec l’argent salement gagné et une aide de ma grand-mère, je me suis offert un nouveau départ. North Rock Springs. Adieu Détroit et les fantômes qui me hantaient.

Ma mère s’était pris vingt ans, pour violence sur mineur sous son autorité. Elle a eu une remise de peine parce qu’elle allait voir un psy en taule. Elle disait qu’elle allait mieux. Y’a deux ans, elle a pu sortir. Ca a duré deux semaines avant qu’elle ne retourne dans sa cellule. Définitivement cette fois. On m’avait demandé de venir faire une déposition, de régler des papiers suite à sa sortie. Elle a fait une crise de folie quand elle m’a vu. Elle a pété les plombs, et m’a planté une paire de ciseaux dans l’abdomen. La cicatrice est désormais noyée sous l'encre, mais dans mon esprit, elle sera toujours à vif. De temps en temps, je retourne à Détroit juste pour la voir, derrière cette vitre qui nous sépare. C'est pas que ça me fait plaisir, loin de là. J’aime juste lui montrer à quel point c’est moi qui ai le dessus maintenant. Parce que c’est elle qui pleure, et c’est moi qui contrôle. Le revers de la médaille, pas vrai ?

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